La Transition Énergétique sera l’un des piliers du « Monde d’après »
Le monde vit une crise sans précédent à cause de la pandémie de Covid-19. L’électrochoc est bien réel et les discours sont prometteurs. Le « monde d’après » est annoncé plus social, plus respectueux de l’environnement et s’inscrivant dans une vision à long terme. Bonne nouvelle ! Parmi les multiples solutions à mettre en œuvre, l’Agence Internationale des Énergies Renouvelables (IRENA) démontre une nouvelle fois que la Transition Énergétique répond en tout point à ces discours politiques.
Néanmoins, L’IRENA nous rappelle aussi, tristement, l’écart grandissant entre la rhétorique et l’action. Les efforts sont très inégaux entres les différents pays. Certes, il faut saluer une prise de conscience en hausse et la multiplication d’initiatives visant à lutter contre le changement climatique. Sans elles, la situation serait d’ailleurs encore plus catastrophique. Toutefois, les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter et nos écosystèmes s’essoufflent inexorablement. Il serait naïf de poursuivre dans la voie actuelle en espérant des résultats différents. Il nous faut donc accélérer la Transition Énergétique pour espérer entrer réellement dans le « monde d’après ».
Comme par le passé, le danger serait de percevoir la Transition énergétique comme un « effort » ou un « prix à payer » ajoutant des contraintes aux nations, aux entreprises et aux citoyens. Alors, à l’heure d’établir des plans de relance économique dans un contexte financier tendu et un calendrier politique court-termiste, il serait tentant d’abdiquer. En somme, rester dans le « monde d’avant » et ressortir les vieilles recettes qui nous conduiront aux mêmes effets.
Et pourtant, une fois n’est pas coutume, l’IRENA rappelle que la Transition Énergétique est davantage bénéfique que le statu quo : « La transformation du système énergétique implique une augmentation du PIB en 2050 supérieur de 2,4% par rapport à l’actuelle feuille de route. […] Cette transformation se financerait elle-même, puisque chaque dollar investi générera 3 à 8 dollars de retour sur investissement. […] Cette transition résulterait en la création additionnel de 7 millions d’emplois par rapport à la tendance actuelle. Les bénéfices environnementaux et sanitaires ainsi que l’amélioration de la qualité de vie générale seront ressentis dans chaque région du monde ». C’est donc bien le fait de rester dans le statu quo qui demanderait de faire un effort et non l’inverse.
Notons par ailleurs, que la compétitivité des énergies renouvelables augmente chaque jour. Dans de nombreux pays, l’électricité verte est déjà moins couteuse que ses équivalents fossiles (2). A ce rythme, elle le sera bientôt partout. Temporairement, les prix des énergies fossiles ont chuté par l’effet cumulé du ralentissement économique et des tensions entre l’Arabie Saoudite et la Russie. Certains seront alors tentés d’en profiter pour justifier le recours à ces énergies polluantes. Mais c’est un leurre, car à ces prix, les producteurs de pétrole ne sont pas rentables. Les populations des pays dépendant significativement des rentes pétrolières vont connaître des temps très difficiles. La situation n’étant pas tenable, ces prix devront donc revenir rapidement au-dessus des 50 dollars le baril. Mais alors, ils se heurteront à la compétitivité des énergies propres et renouvelables. Dans ce contexte, est-il raisonnable de continuer à investir sur des énergies fossiles lorsque des alternatives plus propres et plus économiques existent ?
Le choix pragmatique est sans aucun doute d’accélérer notre Transition Énergétique. Mais restons sur nos gardes car l’amnésie collective peut être, elle aussi, très contagieuse.
1. Global Renewable Outlook: Energy Transformation 2050, 2020, IRENA, lien vers l’infographie, lien vers le rapport
2. 600 milliards d’actifs charbon menacés à cause de la compétitivité des énergies renouvelables, 2020, Novethic, lien vers l’article



